Dagda

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Mythologie irlandaise

Noms et étymologie

An Dagda (ann daya) ou An Daghdha, le Dagda vient du Proto-Celtique Dagodeiwos, qui a donné en Irlandais ancien : dag dia, « le dieu bon ». Une autre de ses appellations, Eochaid vient d’une racine signifiant “cheval”. Il est également appelé Ollathair "Père de tous", Ruadh Rofhessa "le Rouquin à la grande connaissance" , Dagda don: "Dagda le sombre", Dagda (n)dur/Dagdai duir "le sévère", Dagdai deirg "Dagda le rouge".

Fonctions

  • Dieu Père

Dieu irlandais, chef des Tuatha Dé Danann, il est le père du peuple. Il n'est pas le père de tous les dieux, mais il exprime l'aspect "paternel" qu'implique la notion de chef dans les sociétés patriarcales.

Dieu Bon, "bon à tout" dans son omnipuissance et son omniscience, père nourricier, il est aussi le dieu des druides. Le Dagda devient roi des Tuatha Dé Danann après que Nuada, son prédécesseur, ait été blessé à la bataille.

De conception plus primitive que Lugh, son aura s'éteindra à l'avènement de ce dernier, mais il représentera encore la mémoire des temps "anciens".

Rustre, ventru, paillard, goinfre, ses accouplements sont multiples, variés, périodiques avec les déesses de la Terre, du Sol, avec la Morrigan, déesse de l'amour charnel et du combat, l'accouplement a lieu lors de sa toilette, "à cheval", ses neuf tresses au vent, sur la rivière "le Lit-du-Couple". Elle l'avertit du dessein de ses ennemis et lui promet son aide dans ses combats. Il s'accouple ainsi avec Boann, femme de Nachtan, dieu des eaux, ils prolongent leur nuit pendant neuf mois, au "matin" naît un fils , le Mac in Dâ Og (surnom d'Oengus) le "fils des deux jeunes". C'est un exemple type de l'accouplement cyclique et rituel du dieu-mâle et de la Déesse-mère la nuit de Samhain. Ses accouplements périodiques avec les divinités telluriques assurent à son peuple sa protection dans l'abondance et consacre l'union de la terre et des humains. Le Dagda est aussi le père de Brigit (Minerve irlandaise) et de Aine.

  • Nourricier

Dagda était associé à l'abondance, capable d'assouvir la faim de chacun grâce à son chaudron au contenu inépuisable.

Il prenait plaisir à manger et juste avant la seconde bataille de Magh Tuireadh, il se rendit dans le camp des Fomoires, ses ennemis acharnés, pendant la trêve du nouvel an. Ils préparèrent alors à son attention du porridge fait de lait, de farine, de graisse, de cochons et de chèvres, en quantité suffisante pour rassasier cinquante hommes. Ils lui ordonnèrent, sous peine de mort, de tout manger, ce qu'il fit de bon cœur en se servant d'une louche en bois « si énorme qu'un homme et une femme pouvaient coucher dedans ». Cette épreuve transforma temporairement Dagda en vieil homme obèse, mais cela ne l'empêcha pas de séduire l'une des filles des Fomoires, qui lui promit d'aider les Tuatha Dé Danann par sa magie. Ce récit évoque peut-être, dans une version altérée, le mariage sacré d'un chef et d'une jeune fille qui avait lieu au début de chaque année , semblable au rite sacré effectue par un souverain sumérien et une prêtresse en Mésopotamie. L'union avait pour but d'assurer la prospérité, la force et la paix.

D’après Tochmarc Étaíne, il contrôle la météo et les cultures. Il est de d’abondance, lié à la fertilité de la terre et à l’agriculture qui sont associées aux déesses.

Il est associé à des fonctions très basiques, terrestres, comme manger, boire et s’accoupler.

  • Bâtisseur

Dagda lui construisit au roi Bres son fort, Dun Bresse. En guise de remerciements, Bres réduisit en esclavage non seulement le Dagda, mais tous les Tuatha Dé Danann.

  • Autres fonctions

Le Dagda est une sorte de "régulateur du temps", on le considère comme le dieu de l'amitié, du contrat, de la "ruse juridique". Il est le maître des éléments air, eau, terre et feu. Dans la mesure où le soleil voit tout, il sait par conséquent tout ce qui se produit sur terre : aucune irrégularité, aucune défaillance ne lui échappe, et c'est la raison pour laquelle on l'invoque, non seulement pour s'assurer santé et prospérité, mais aussi à l'occasion des serments. Le Dagda perpétue la tradition indo-européenne par sa fonction de dieu des contrats, qu'il viole assez régulièrement.

Représentation

Son aspect est hideux, ventru comme un bouddha, un œil démesuré, les cuisses énormes, les épaules larges, d'une taille prodigieuse, il est vêtu d'un capuchon et d'une courte tunique, tenue des gens du peuple, ses bottes sont en cuir de cheval, poils à l'extérieur, son énorme massue, arme primitive, est montée sur roue, elle laisse une trace profonde et marque les frontières. Borgne, boiteux, maître des animaux sauvages, il tient souvent cette massue à la main, qui lui confère un aspect "varunien".

Attributs

Le Dagda possède plusieurs talismans (ou attributs) qui ont chacun une fonction spécifique :

Le Dagda est le dieu tutélaire des musiciens et à ce titre il possède une harpe magique, qui est un autre de ses talismans ; on la connaît sous les noms de Dur-Dabla et Coir Cethar Chuir. Cet instrument a la particularité de savoir toutes les mélodies de la musique et de pouvoir les jouer toute seule, sur instruction du dieu. Dans le récit intitulé Seconde Bataille de Mag Tured (Cath Maighe Tuireadh), la harpe est volée par les Fomoires, le Dagda se met à sa recherche, accompagné de Lug et Ogme. Ils la retrouvent accrochée au mur d'une résidence des ennemis, à l'appel du dieu, la harpe s'envole et tue neuf Fomoires. Alors elle joue l'air des lamentations et les femmes se mettent à pleurer, puis elle joue l'air du sourire et les garçons se mettent à rire ; enfin elle joue l'air du sommeil et l'armée ennemie s'endort.

Le chaudron est un élément important dans la mythologie celtique. Celui du Dagda provient de l’île de Murias du druide Semias, avant que les Tuatha Dé Danann ne s'installent en Irlande. Il symbolise la souveraineté, l’abondance et la résurrection (voir Chaudron de Gundestrup). On le retrouve dans la légende arthurienne sous la forme du « Graal ».

La roue symbolise la puissance cosmique. La roue du Dagda est à huit rayons, elle rend sourd celui qui l'entend, aveugle celui qui la voit et tue celui sur qui elle tombe.

  • La massue

Le Dagda a le droit de vie et de mort : la massue tue par un bout et ressuscite de l'autre. Elle peut écraser d'un coup neuf hommes. Elle est si lourde qu'il faut huit hommes pour la porter et elle laisse un sillon dans le sol qui peut servir de frontière entre les deux mondes. Elle est montée sur roues, et n'est pas sans évoquer un aspect phallique. On peut rapprocher la massue du Dagda du maillet de Sucellos et du marteau de Thor.

Divinités associées

Dagda a pu être assimilé à Jupiter, Taranis, Sucellos.

Contes et légendes

Le chercheur Claude Sterckx s'est attaché à retrouver la figure du Dagda dans les contes traditionnels. Il en a trouvé un reflet dans le célèbre conte breton "Yann au bâton de fer", (Yann ar varzh houarn en breton). Ce récit aux diverses versions retrace les mille aventures de ce personnage herculéen, né après trois ans de gestation et armé d'une énorme barre de fer. Une version trégorroise, recueillie par Geneviève Massignon, contient cet élément significatif : le bâton de Yann, tour à tour, endort et réveille l'ogre auquel le héros est confronté. On ne peut que faire la comparaison avec la massue du Dagda, dispensatrice de vie et de mort, qui tue par un bout et ressuscite par l'autre. [1]

Sources

[1]

Celtique

[2]

[www.adf.org|ADF]

[bardmythologies.com|bard mythologies]

[celticpagan.com|Celtic Pagan]

[www.sacred-texts.com|Sacred texts]

[www.maryjones.us|mayjones]

[www.deepdyve.com|deepdyve]

[3] <references>

  1. d'après Marc Decéneux, Bretagne celtique, Mythes et croyances. Editions le Télégramme, 2002.