Chiendent

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On appelle chiendent plusieurs espèces de plantes herbacées de la famille des Poaceae, très communes. Le genre principal est Elytrigia.

Le chiendent est considéré par les jardiniers comme une mauvaise herbe envahissante et indésirable, mais c’est une plante qui a bien des vertus.

‎Elytrigia repens

Nom latin : Agropyrum Repens

Autres appellations : Blé des Fourmis, Blé Rampant, Froment Rampant, Herbe à Chien, Laitue des chiens, Herbe des Sorcières ou Herbe aux deux Bouts.


Étymologie

Son nom vient de ce que ses ergots aigus et fermes ressemblent à une dent de chien.[1] Elle pourrait aussi devoir son nom au fait que les chiens s’en serviraient pour se purger.


Description

‎Elytrigia repens

Il a des racines ou rhizomes d’un blanc jaunâtre, inodores, d’une saveur à la fois douceâtre, farineuse, un peu sucrée et légèrement styptique. On y a trouvé du sucre en grande quantité, du mucilage, de la fécule, une matière extractive ayant une saveur aromatique, analogue à celle de la vanille.

Le chiendent peut parfois être confondu avec le brome inerme (Bromus inermis), mais les rhizomes du brome sont plus courts et plus foncés. Le W sur la feuille du brome est très apparent et se trouve au milieu de la feuille. Les graines des deux espèces se ressemblent beaucoup.


Distribution

Plante originaire d'Europe, d'Asie (du Moyen-Orient à la Sibérie et à la Chine, à l'Inde et au Pakistan), et d'Afrique du Nord, très répandue, y compris en montagne, naturalisée et envahissante en Amérique du Nord et dans tout l'hémisphère sud.


Usages

Une décoction de racines de Blé des Fourmis hachées est un remède extraordinaire contre la goutte.

En infusion, c’est un bon remède contre les inflammations des voies digestives ou la cellulite.

Cette infusion a aussi des vertus diurétiques, dépuratives, fébrifuges et vermifuges.


Mises en garde

Le chiendent peut être un réservoir de virus ou de champignons transmissibles aux céréales. C'est en particulier, un hôte de l'ergot du seigle.

En médecine

Le chiendent est émollient, diurétique et laxatif.

Il fut au XIXe siècle la base de la tisane commune des hôpitaux.

recette : Chiendent mondé 30 grammes ; réglisse effilée 4 grammes ; eau de rivière 1000 grammes. Faites bouillir pendant un quart d’heure, et ajoutez 30 grammes de miel et une cuillerée de vinaigre.

Cette tisane est véritablement tempérante et laxative. On peut augmenter la première de ces propriétés en y ajoutant deux à quatre grains de nitre, et la seconde en y ajoutant huit à quinze grammes de crème de tartre.

Une précaution à prendre était de concasser la racine de chiendent, pour briser la couche corticale de la plante, qui est très dure, retient les parties solubles, et donnerait une tisane plutôt stimulante que tempérante. Si l’on éprouvait quelque difficulté à concasser les racines, on remplaçait cette opération en les mettant quelque temps macérer dans de l’eau bouillante. On jetait le produit de cette première ébullition et on en faisait une seconde jusqu’à ce que l’eau ait acquis une certaine viscosité. Ces précautions sont inutiles si l’on se sert de racines fraîches qu’il suffit alors de laver. [2]

Alimentaire

  • Pendant la seconde guerre mondiale, de nombreuses familles ont rajouté du chiendent à leur alimentation de base. Ils se servaient de ses racines pour faire une espèce de farine avec laquelle ils faisaient du pain, soit en la mélangeant à d’autres farines, soit pure.
  • On prépare avec le chiendent une bière économique.

A cet effet, on met dans un baquet 4 kilogrammes de chiendent haché que l’on arrose avec de l’eau tiède en quantité suffisante pour qu’il soit toujours humide sans être noyé. Aussitôt qu’il a poussé et fait paraître de petites taches blanches d’un centimètre de long, on l’entonne dans une futaille avec 1 kilogramme de baies de genévrier concassées, 60 grammes de levure de bière et 2 kilogrammes de cassonade. On verse dessus huit litres d’eau très chaude, mais non bouillante, et l’on agite le tout avec un bâton. Le lendemain, on ajoute huit litres d’eau chaude et l’on agite de nouveau la liqueur. Le troisième jour, on ajoute encore neuf litres d’eau chaude, en agitant encore ; puis on bouche le tonneau en laissant un fosset d’évent, dans lequel on introduit quelques fétus de paille. On laisse reposer cinq ou six jours ; on soutire dans une autre futaille propre, et deux jours après on peut boire cette bière[3]

  • sirop et liqueur

Le docteur Leroy, en 1811 annonçait avoir obtenu du chiendent le quart de son poids de sirop. Il ajoutait qu’une pinte de ce sirop donnait, par la fermentation et la distillation, une pinte d’eau-de-vie à 21 degrés, et que 100 livres de chiendent fournissaient 10 pintes ‘eau-de-vie à 21 degrés. Cette eau-de-vie valait beaucoup mieux que celle extraite du seigle et se rapprochait par le goût du kirchwasser ; on en faisait d’excellente liqueur, en la mêlant avec du sirop et en l’aromatisant.

‎Bouchon en chiendent utilisé lors du pansage du cheval. photo : Suzelfe
  • farine

Le docteur Leroy avait obtenu du chiendent pulvérisé une farine capable d’être convertie en pain. Cette farine, mêlée avec celle du blé, fournissait un très bon pain, et seule un pain passable.[4]

  • Les jeunes pousses de rhizome peuvent être mangées crues.

Autres

  • Il peut être simplement séché pour en faire des brosses.
  • Valeur fourragère : le chiendent peut être très bon pour les animaux en pâturage quand il est jeune à sa 2e coupe car il est très riche en protéines. Plus il vieillit, plus il devient dur et ligneux.

Sources

<references>

  1. Chiendent (Le) : les vertus méconnues d’une graminée honnie, « Revue de thérapeutique médico-chirurgicale », paru en 1865 et « La Semaine illustrée », paru en 1899.
  2. Chiendent (Le) : les vertus méconnues d’une graminée honnie, « Revue de thérapeutique médico-chirurgicale », paru en 1865 et « La Semaine illustrée », paru en 1899.
  3. Chiendent (Le) : les vertus méconnues d’une graminée honnie, « Revue de thérapeutique médico-chirurgicale », paru en 1865 et « La Semaine illustrée », paru en 1899.
  4. Chiendent (Le) : les vertus méconnues d’une graminée honnie, « Revue de thérapeutique médico-chirurgicale », paru en 1865 et « La Semaine illustrée », paru en 1899.