Cernunnos

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Mythologie gauloise

L'un des principaux dieux de la mythologie gauloise, associé au cerf, car portant le plus souvent sur la tête une ramure de cervidé.

Variantes du nom

Cernunos, Kernunnos, Carnunnos.

Etymologie

Ce nom signifie (le) cornu.

Origines du dieu cornu

Abondamment représenté, Cernunnos, le dieu cornu, jouait certainement un rôle de premier plan dans la mythologie des Celtes.

La plus ancienne représentation qu'on connaisse de ce dieu-cerf accompagné d'un serpent cornu, figurant probablement un dieu de la chasse, apparaît dans un dessin rupestre du Val Camonica (province de Brescia, en Italie), qui date du IVème siècle avant notre ère [1] .

Des peuples qui habitaient avant eux les territoires où ils se sont installés, les Celtes n'auraient pas hérité seulement le culte de la Déesse-mère, mais aussi celui d'un personnage masculin qui lui était associé, portant des cornes de cervidé. Cet attribut permet de penser que son origine se situe plus loin encore dans la nuit des temps que l'ère des mégalithes, à l'époque mésolithique. où l'animal sacré était le cerf, et où, sans doute, les sorciers officiaient avec des bois de cerf sur la tête, tel que l'un d'eux se trouve figuré dans la Grotte des trois frères, en Ariège.

Dans des campements de chasseurs mésolithiques, il a été retrouvé des bois de cerf perforés, et le port d'andouillers par les chamanes est bien attesté dans les communautés pastorales plus tardives de Russie et des régions circumpolaires.[2]

Le dieu-cerf apparaît sous son aspect le plus caractéristique sur l'une des plaques du Chaudron de Gundestrup. Assis en majesté, paré d'un torque, il tient dans une main un autre torque et dans l'autre un serpent aux cornes de bélier. Il est entouré de nombreux animaux, dont un cerf et un taureau qui se trouvent à sa droite.

Une divinité gallo-romaine mystérieuse

Son nom gaulois nous est révélée sur l'un des deux autels découverts à Paris en 1710, et conservés au Musée National du Moyen Age de Cluny, le Pilier des Nautes érigé au Ier siècle de notre ère, qui porte l'inscription [C]ernvnnos, sous la représentation du dieu.

Est-ce à Cernunnos que César fait allusion lorsqu'il mentionne un dieu des Gaulois qu'il assimile au Dis pater romain ?

"Tous les Gaulois prétendent qu'ils descendent de Dis Pater et disent que  c'est la croyance des druides". J. César (Guerre des Gaules, VI, 18).

P.M. Duval en fait le commentaire suivant : "A Rome, Dis pater-Pluton est une réplique souterraine et terrestre de son célèbre frère Iu-piter: c'est l'autre grand maître de l'univers, à qui est dévolu tout ce qui est de la terre et particulièrement le sous-sol infernal. C'est à lui que César assimile l'ancêtre divin dont les Gaulois croyaient descendre suivant la doctrine druidique et qu'il représente seulement comme le père de la race, régnant sur la nuit des profondeurs (...)". [3]

Si la mention de son nom n'apparaît qu'une fois, on compte une trentaine d'effigies comparables à celle du Pilier des Nautes.

L’autel de Reims, du II° siècle de notre ère, présente, au centre d’un édicule à fronton en forme de temple, le dieu assis en tailleur, entouré d’Apollon et de Mercure. Il porte une barbe, des bois de cerf, est vêtu à la gauloise avec des braies et une tunique indigène, porte un torque au cou et un bracelet à la base du biceps droit. Il tient sur son bras gauche un sac, et de la droite en fait sortir un flot de pièces de monnaie qui s’écoule entre un taureau et un cerf immobiles à ses pieds. En haut du fronton, on remarque la présence d'un rat, que l'on suppose symboliser l'appartenance de la divinité au monde souterrain.

La statuette du dieu d’Etang-sur-Arroux, en Saône-et-Loire, dite également statuette d'Autun, mesure une dizaine de centimètres de hauteur. Le personnage tient sur ses genoux une corbeille, surmontée d’un torque torsadé, où semblent se nourrir deux animaux qui semblent être des serpents à tête de bélier. Il arbore en outre une particularité peu visible à l’œil nu : de chaque côté de sa tête, au-dessus de l’oreille, figure un minuscule visage humain. A l’arrière du crâne, une protubérance à peine plus grande permet de penser qu’il existait un troisième visage. Deux cavités sont présentes sur le dessus de sa tête, laissant penser que des cornes pouvaient s'y ajuster.


Mythes

  • mythe relaté sur la notice du musée de Saint-Rémi de Reims :
Cernunos et Esus seraient deux facettes d'une même divinité.
Cernunnos est le dieu du monde souterrain et de ses richesses.
A la fin de l'hiver, il deviendrait l'amant de la Déesse-mère.
Le sacrifice de taureaux et cerfs assurerait la remontée de Cernunnos-Esus
et le retour des déesses-mères à une forme humaine.
  • survivance dans l'hagiographie bretonne :

Plusieurs saints bretons sont représentés accompagnés d'un cerf, ou ayant un lien avec le cerf, et pourraient être des formes christianisées du dieu  : saint Théleau, saint Edern et saint Cornély.

Evocations du dieu-cerf dans la fiction

Bandes dessinées : - Iris, Didier Comès, Editions Casterman, 1991.

Romans : - Lucifer et l'enfant, Ethel Mannin, Editions Pocket et Terres de Brume

Cinéma : - Princesse Mononoke, film d'animation japonais

Représentations

Bibliographie

  • Les Celtes, Histoire et dictionnaire, Venceslas Kruta, Robert Laffont.
  • Cernunnos, dieu Cerf des Gaulois, Anne Lombard-Jourdan, Larousse, 2009.
  • Cernunnos, le dioscure sauvage, Daniel Gricourt, L'Harmattan,2010.
  • Cycle et métamorphoses du dieu cerf : le dieu primordial des Celtes et ses avatars. Poitrenaud Gérard, Lucterios, 2014.

Liens externes

Sources

<references>

  1. Base Persée, note sur une figure rupestre du Val Camonica
  2. d'après Barry Cunliffe, l'Univers des Celtes, Inter-livres, 1996.
  3. P.-M. Duval, les dieux de la Gaule, Payot.