Bouleau

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Le bouleau est un arbre à écorce blanche.

Ecorce de bouleau

Étymologie

Le terme boul est issu du latin betula d'origine probablement celtique (gaulois), sur la base de *betuo-, thématisation de *betu-, dont est issu le nom brittonique du même arbre : breton bezv, gallois bedw et vieil irlandais beithe « bouleau ».[1]

Le catalan et l'occitan ont bez « bouleau », l'espagnol biezo « bouleau ». La toponymie du sud de la France compte de nombreux Besse, Bessières qui signifient tous « bois de bouleaux, boulaie » [2]


Ancien français : Bioul - Patois : Biole, Boulu, Biou

En Ukraine, le mois de mars porte le nom березень, qui signifie bouleau. En République Tchèque, mars est appelé březen, le mois du bouleau.

Illustration bouleau.jpg

Description

Les bouleaux poussent en général sur les terres pauvres et souvent siliceuses, jusqu'à 2 000 m d'altitude, ainsi que dans les régions arctiques. Les bouleaux sont des plantes pionnières qui constituent souvent la première formation arborée lors de la reconquête ou de la colonisation de landes par la forêt.

Son écorce blanche et lisse, rehaussée de quelques taches noires, se détache en fines lamelles horizontales.

Il fleurit d'avril à mai.

Symbolique

Le bouleau incarne le renouveau et la pureté, la vie et la régénération.

Le nom local du bouleau est à l'origine du nom du mois de mars dans plusieurs langues slaves, comme en tchèque (březen) et en ukrainien (березень) : il s'agirait d'une évocation de la sève qui commence à circuler à cette époque.

Son écorce d’argent est assimilée à la lumière de la Lune.

La rune associée au bouleau est Berkanan.

  • traditions celtes

Nommé aussi « l’arbre de la sagesse », il est l’un des sept bois sacrés et symbolise la connaissance druidique. Dans la tradition celtique, le bouleau symbolisait l’inspiration et l’élévation spirituelle. Il est l’arbre de la lumière, de la naissance, du commencement mais aussi de l’impatience du printemps par ses feuilles sortant très tôt. Le Bouleau est le premier arbre de l’alphabet druidique, soulignant ainsi son attribution d’arbre du renouveau.

  • tradition russe

Le bouleau est par excellence, l'arbre sacré des populations sibériennes, chez lesquelles il assume toutes les fonctions de l'axis mundi. Comme pilier cosmique, il reçoit 7, 9 ou 12 entailles représentant les niveaux célestes.

Lors des cérémonies d'initiation chamanique, il est planté au centre de la yourte circulaire et aboutit au trou du sommet qui figure la porte du Ciel ou du soleil, par laquelle on sort du cosmos dans l'axe de l'étoile polaire.

Afanassieff fait mention d'un bouleau blanc qui pousse dans l'île de Becian, sur le sommet duquel on croit voir assise la mère de Dieu (Bogoraditza).[3]

L'amanite tue-mouche pousse préférentiellement à son voisinage. Elle contient une substance hallucinogène, la muscarine, qui provoque des transes que les chamans de Sibérie utilisaient pour communiquer avec les dieux.


Dans la tradition russe, le bouleau permet d'appeler le grand Esprit de la Forêt.

  • Amérique

Les amérindiens possèdent plusieurs légendes sur le bouleau. L'une d'elles prétend que les marques zébrées sur son écorce sont dues à la colère de l'oiseau-tonnerre. D'autres disent qu'il est la demeure de cet esprit.

Propriétés thérapeutiques

Bouleau.jpg

L’écorce est diurétique, fébrifuge et un bon stimulant pour la digestion, de plus elle est très utile contre les problèmes de peau, en particulier contre les dartres.

Les bourgeons et les feuilles sont utilisés contre les inflammations, les infections des voies urinaires, contre les calculs rénaux et parfois en complément pour un traitement anti-rhumatismal. Les bourgeons sont aussi recommandés contre les engorgements des ganglions lymphatiques.

La sève est diurétique et dépurative. Elle est généralement utilisée contre l’arthrite et les calculs urinaires. Sa sève se récolte au printemps (une grosse branche peut fournir entre 4 à 5 litre de sève par jour). Pour éviter la fermentation de la sève une fois récoltée ajouter 4 à 5 clous de Girofle par litre de sève, conserver au frais.

Le vin de bouleau : Tonique et fébrifuge, il est constitué de 50 g d’écorce de bouleau qu’on laisse macérer pendant une semaine dans un litre de vin rouge. Ce breuvage est à consommer, à raison d’un verre, avant les repas.

Propriétés magiques

Doux et fort, son bois était traditionnellement utilisé dans la confection des berceaux et la création de baguettes magiques. Il possède de grandes propriétés purificatrices et protectrices. En haute Bretagne, nous apprend Paul Sébillot, lorsqu’un enfant malade a du mal à se remettre de ses troubles, on fait sécher des feuilles de Bouleau au four et on les dispose dans le berceau, l’enfant retrouvera vite la santé…

En France, le rameau de Bouleau était conservé dans la maison pour éloigner le Malin et ses représentants. Les sorcières, elles-mêmes, utilisent les brindilles de Bouleau pour fabriquer leur balai. Au Moyen Âge, il était coutume de flageller les malades mentaux à l’aide de branches de bouleau pour calmer leurs agitations mais aussi dans l’idée de les exorciser du mal les possédant.

Dans certaines traditions, ses branches servaient à confectionner des torches nuptiales que l’on allumait le jour des noces pour attirer le bonheur et la protection sur les mariés.

L’écorce de bouleau a la propriété de devenir élastique en séchant, on s’en servait dès lors comme petit parchemin ou bien encore pour servir d’emballage magique.

Autres usages

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En Europe du Nord (Scandinavie, Pays Baltes, Sibérie), l'écorce de bouleau, tressée en lanières, était utilisée à la campagne pour fabriquer des chaussures appelées lapti (лапти). En Russie, elle a également servi de support d'écriture.

Dans les pays nordiques et slaves, on se frappe avec des branches de bouleau dans le sauna pour se revigorer.

Le bouleau brûle vite sans que sa flamme ne soit trop chaude et laisse très peu de cendres. Il était apprécié des boulangers. C'était le bois de boulange. Le bois du bouleau jaune est utilisé en menuiserie sous le nom de merisier, celui du bouleau flexible sous le nom de merisier rouge.

En Amérique du Nord de l'Est du Canada à l'Alaska, à partir de la sève du bouleau est produit de l'eau de bouleau, de la bière (Birch beer), du vin, de l'eau-de-vie, du vinaigre et du sirop de bouleau (un sirop édulcorant similaire au sirop d'érable).

Folklore et Traditions

Le culte du bouleau étant lié au retour de la végétation, on décore de branches la maison et l'église, les rues du village et les croisées de chemins, selon une tradition qui s'est maintenue dans le Polessié jusqu'à ces dernières années.[4]

Le bouleau est souvent l'arbre utilisé pour la confection des mâts de mai.

Le jour de la Pentecôte que les paysans russes plantent devant leurs isbas (maisons traditionnelles) des branches de bouleau, symboles verdoyants de la belle saison qui est revenue sous la chaleur bienfaisante des langues de feu, des rayons de soleil qui viennent réveiller la terre. On a soin parfois de mettre autour du jeune bouleau un fil, un ruban rouge, pour qu'il pousse mieux, pour éloigner de lui le mauvais œil.

Rites de printemps

Le bouleau est le symbole du printemps et de la jeune femme.

En Russie, au printemps, le renouveau de la végétation était fêté au cours de la semaine qui précède la Trinité, que le parler populaire désigne sous le nom des " saintes journées vertes" (zelënye svjatki). Le bouleau était alors célébré exclusivement par les jeunes filles, pour qui c'était leur fête à elles.

"Le septième jeudi après Pâques, les femmes et les filles se réunissent sous les arbres, sous les bouleaux. S'étant inclinées devant les bouleaux, elles marchent en chantant des chants et en frappant dans leurs mains. Puis, s'étant excitées de toutes les manières possibles, elles s'assoient et mangent les offrandes.

Un des aspects essentiels de la solennité avait d'abord consisté à friser le bouleau : les jeunes filles pliaient ses branches pour en faire des couronnes, auxquelles elles nouaient un ruban de leur tresse. Ensuite elles" habillaient" l'arbre en le revêtant de vêtements féminins (jupes et blouses en particulier). À titre d'échange, certaines plaçaient sur leur tête une couronne faite avec des rameaux de bouleau, tandis que d'autres se masquaient et se paraient à leur façon: les jeunes filles mettaient les coiffes des femmes mariées, tandis que ces dernières prenaient les coiffes des jeunes filles et revêtaient des habits d'homme, puisque ces derniers étaient exclus du rituel. Dans certaines régions, on habillait un couple (réel ou composé de mannequins), auquel on donnait le nom de Semik et de Semicixa.

C'est alors que les femmes scellaient entre elles un pacte d'amitié (kumlenie), selon un rituel que nous décrivent nos témoins: " Elles se mettent par deux, s'approchent d'un bouleau, font des cercles avec ses branches et s'embrassent à travers ces cercles. Après ces baisers illégaux, elles s'appellent "commères" et se séparent. »[5]


Articles connexes

arbre

Sources

<references>

  1. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gaulois, éditions Errance, 2003, p. 74.
  2. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gaulois, éditions Errance, 2003, p. 74.
  3. comte Alphonse O'Kelly de Galway, Dictionnaire archéologique et explicatif de la science du blason, Bergerac, 1901.
  4. F Conte, L'héritage païen de Russie, p. 24.
  5. F Conte, L'héritage païen de Russie, p. 124.